La régulation belge des jeux de hasard fait face à un défi majeur sur les réseaux sociaux. Selon les chiffres officiels révélés par la ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V) en réponse à une question parlementaire, la Commission des Jeux de Hasard (CJH) a transmis 7 820 signalements de publicités illicites à Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) entre janvier et novembre 2025. Une explosion qui met en lumière l’efficacité limitée des contrôles sur les géants du numérique.
Ces annonces concernent principalement :
Depuis 2024, un canal privilégié existe entre la CJH et Meta pour accélérer les suppressions. Meta réagit généralement en retirant les contenus signalés, mais rien n’empêche leur réapparition sous de nouvelles formes, via d’autres comptes ou campagnes légèrement modifiées.
Comparaison avec le début d’année : au premier trimestre 2025, la CJH avait déjà dénoncé 1 298 publicités sur Meta. La multiplication par plus de 6 en 11 mois montre la persistance du phénomène malgré les efforts.
Depuis l’arrêté royal du 27 février 2023, la publicité pour les jeux de hasard est presque totalement bannie en Belgique (sauf exceptions très encadrées pour les opérateurs légaux). Toute promo pour un site illégal constitue une double infraction :
Facebook et Instagram restent les principaux vecteurs de ces infractions, favorisés par la facilité de création de comptes publicitaires par les acteurs illégaux.
Meta supprime les annonces signalées, mais l’intervention reste a posteriori : les pubs ont souvent déjà touché leur cible. La ministre Verlinden admet que le système actuel atteint ses limites. Ce constat relance le débat sur la responsabilité des plateformes, renforcée par le Digital Services Act (DSA) européen, qui impose une lutte proactive contre les contenus illégaux.
Au-delà de l’aspect réglementaire, ces pubs illégales exposent les joueurs belges – surtout les plus vulnérables ou ceux inscrits à l’EPIS (système d’exclusion) – à des risques accrus d’addiction et de pertes financières. La CJH insiste sur la nécessité d’une coopération accrue entre autorités belges, Meta et instances européennes pour endiguer durablement ce flux.
En résumé, les 7 820 signalements de 2025 confirment que la bataille contre le jeu illégal en ligne passe inévitablement par un contrôle plus strict des géants du web.